Comment on a détesté les maths

DSC_8929 copie 2

En 2005, j’ai passé un bac Scientifique et j’ai fini par détester les maths. Trop c’était trop : trop de maths, qui bouffaient tout le programme au détriment des autres matières scientifiques. J’ai fini par faire une sorte de blocage, à refuser d’effectuer toute opération mathématique. De toute façon, avec la calculatrice, je ne calculais plus rien, même 2+2 y passait.

Trois ans plus tard, en 2008, je me réconciliais avec les maths, mais par une voie tout à fait différente. Je faisais du babysitting, et le p’tit garçon de 3 ans que je gardais voulait apprendre à compter. Ce sera chose faite, avec une échelle dessinée pour l’occasion allant de 0 à 10, des feutres à échanger et à compter, et, crème de la crème : un four qui affiche l’heure, qui change même à chaque minute. C’était super, le p’tit garçon a adoré, et moi aussi.

Aujourd’hui, en 2018, j’ai mon propre fils, de 3 ans, qui fréquente la maternelle. La question de l’enseignement des maths continue donc de m’interpeller.

Voilà comment on en arrive au super documentaire, au titre évocateur : Comment j’ai détesté les maths, d’Olivier Peyon, sorti en 2013, diffusé notamment en 2017 par Arte.

On (dont Cédric Villani, au costume d’antan, à la médaille Fields 2010, et désormais à la députation acquise) y explique comment ont été inventées les « mathématiques modernes » ou « modern maths » dans les années 70. Dans une France en quête d’industrialisation, on a alors besoin d’ingénieurs, et pour former ces futurs ingénieurs qui devront dynamiser le pays, on pense aux maths. Et voici donc ces maths modernes qui envahissent les programmes et – difficilement – les cerveaux des écoliers. Pour un piètre résultat.

Ces maths modernes diffusées en masse exigent un niveau d’abstraction très élevé et un maniement de concepts pas donné d’office à tout le monde. Ces maths compliquent, sophistiquent. Avant elles, une ligne droite était le chemin le plus court entre deux points, après elles, rien n’est moins sur. Ces maths qui s’adressent à la fine fleur de nos futurs ingénieurs potentiels laisseront les parents perplexes et bon nombre d’enfants sur le carreau. Autre raison de l’échec de ces maths hautement abstraites : ce sera souvent aux instits de les enseigner, alors même qu’ils ne sont en général pas aller sur les bancs de la fac et n’ont pas eu à manier dans leurs propres études un tel niveau d’abstraction. La catastrophe aura bien lieu, comme on nous le rabâche régulièrement avec les fameux classements Pisa et autres : les élèves français seraient nuls, et nuls en maths.

En bref, nos belles maths abstraites, déconnectées du niveau d’appréhension des élèves, de leurs profs et de leurs parents, c’est pas génial. On n’y comprend plus rien.

Les solutions ? Des maths plus simples, enseignées plus doucement, avec un rattachement à du concret. Oui oui, du concret, qui permet de comprendre ce que disent les maths. Et expérimenter, comme nous le dit Villani : on teste, on expérimente, et on voit si ça marche. Après seulement on peut généraliser.

(Sur le sujet il y a aussi un très bon hors-série de Science&Vie Réussir à l’école, Les leçons des neurosciences, n° 278.)

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s